Le 8 mars marque chaque année la Journée internationale des
droits des femmes, un moment essentiel pour rappeler les combats menés, les
progrès accomplis et les défis restant à relever pour parvenir à une réelle
égalité des sexes. En 2025, l’accent est mis sur l’inclusion et l’équité pour
tous, quels que soient l’âge, l’origine, le statut social ou les conditions de
vie. Cette journée vise à sensibiliser et à mobiliser l’ensemble des acteurs –
gouvernements, entreprises, organisations et citoyens – afin de construire un
avenir où chaque femme pourra s’épanouir pleinement. Il s’agit d’insister sur
le fait que l’égalité des sexes ne doit pas être un privilège réservé à
quelques-uns, mais un droit fondamental garanti à tous.
Le 8 mars est l’occasion de rendre hommage aux femmes qui
luttent chaque jour pour leurs droits, rappelant que, malgré les progrès,
l’égalité reste un combat inachevé. De nombreux obstacles persistent, notamment
les violences sexistes et sexuelles, les discriminations sur le lieu de
travail, les inégalités d’accès à l’éducation et la sous-représentation des
femmes dans la sphère politique.
Cette journée nous rappelle également les réalités tragiques
que vivent encore de nombreuses femmes à travers le monde, notamment au
Kurdistan, un territoire colonisé par l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie.
Dans notre pays occupé, les femmes sont systématiquement soumises à des
pressions et à des menaces quotidiennes, et les militantes politiques sont
confrontées aux châtiments les plus inhumains. Une situation qui coïncide avec
le thème de l’ONU de cette année pour le 8 mars : « Pour toutes les femmes :
droits, égalité et autonomisation », une promesse qui semble encore lointaine
pour les militantes des droits des femmes kurdes.
Les femmes sont souvent les premières victimes du
colonialisme : violences coloniales, déplacements forcés, viols – autant
d’atrocités qui ont eu un impact particulier sur elles. Le viol a été utilisé
comme arme de guerre pour humilier et subjuguer les populations colonisées. De
plus, les femmes ont souvent été victimes d’un double fardeau, subissant à la
fois la répression coloniale et l’hégémonie patriarcale au sein de leurs
propres sociétés.
Malgré ces oppressions, les femmes kurdistanaises ont joué un rôle majeur dans les mouvements
de résistance anticoloniaux. Que ce soit en tant que combattantes, militantes,
intellectuelles ou soutiens logistiques, elles ont contribué à la lutte de
libération nationale. Cependant, ce rôle a souvent été invisibilisé dans les
récits historiques dominants.
Le colonialisme et l’oppression des femmes sont profondément
liés à travers des mécanismes de contrôle, de violence et de domination
culturelle. Aujourd’hui encore, les séquelles du colonialisme se répercutent
sur l’inégalité des sexes, que ce soit par le biais d’un racisme systémique ou
par la marginalisation des femmes dans les décisions importantes et cruciales.
Comprendre cette relation permet d’adopter une approche féministe
intersectionnelle qui tient compte des dimensions historiques et postcoloniales
de l’oppression des femmes.
Nous devons être la voix des femmes révolutionnaires du
Kurdistan. Le 8 mars de cette année, nous serons la voix des femmes
kurdistanaises, en particulier Warisha Moradi et Pakhshan Azizi, qui ont été
condamnées à mort par l'Iran pour leur lutte pour une vie libre au Kurdistan.
Au Nord du Kurdistan nous avons récemment assisté au
limogeage de plusieurs maires élus, démis de leurs fonctions par les forces
armées du régime turc. Dans ce contexte, la police turque a violemment attaqué
des femmes kurdistanaises et les a brutalement battues. La communauté
internationale devrait condamner ce comportement de l’état turc.
Le 8 mars n’est pas seulement un jour de célébration, mais
aussi un jour de solidarité internationale contre les injustices qui frappent
les femmes kurdes et toutes les femmes à travers le monde. La liberté des
femmes est une condition préalable à la liberté de la société, et nous devons
donc tous être la voix des femmes dirigeantes et combattantes du Kurdistan.
Vive la lutte des femmes du Kurdistan et du monde entier
pour leurs droits et pour une société juste.